Mourir est notre lot à tous, mais chacun a une approche différente de la mort, que ce soit sa propre mort ou la mort de personnes de son entourage. Il n'existe pas de réponse païenne unique, même au sein d'une même tradition, il y a souvent plusieures approches. Aussi, il serait illusoire de croire que nous donnons toutes les manières dont nous envisageons la mort.
Nous allons donc vous présenter quelques-unes unes de nos approches, si celles-ci peuvent vous aider, tant mieux, mais comme nous le rappelons, nous ne détenons pas de vérités absolues et il est possible que vous ne vous retrouviez dans aucune de ces approches. Vos approches sont donc les bienvenues et pourront enrichir ce document, que ce soit pour que le visiteur y trouve une aide pour se faire son avis ou une idée de comment aborder un sujet.
La Mort |
Le deuil |
|
La peur de la mort |
L'accompagnement d'un mourant |
Autres concepts |
|
|
Le culte des ancêtres |
La mort n'est pas mauvaise en soi, elle est naturelle et notre lot à tous.
Cependant, du fait qu'elle représente un terme, qu'elle grade son secret de
l'après et qu'elle touche chacun, elle peut paraître comme terrible.
Rien que l'évocation de son nom nous rappelle la perte de personnes chères et
on trouve cruel qu'elle nous ait séparés d'eux. Nous savons tous que nous
devrons aussi disparaître, c'est une fatalité. Le fait d'être impuissants face
à elle nous mord au plus profond et nous la fait trouver injuste.
Pour nous païens, elle est nécessaire, elle fait partie de l'ordre des choses. Ensuite, selon nos croyances, nous pouvons la voir comme un passage ou une fin, voire les deux en même temps. Tout ce qui était écrit plus haut est vrai aussi pour nous, nous sommes des hommes et des femmes comme les autres. Cependant, du fait d'avoir des convictions l'intégrant comme "normale", elle ne provoque pas aussi facilement de crises d'angoisse, certains d'entre nous allant jusqu'à la considérer comme indispensable à la continuité de la vie et de leur chemin initiatique.
Il faut d'abord identifier ce pourquoi on a peur de la mort et si c'est de la mort elle-même, de la manière dont on mourra ou des conséquences que celle-ci va avoir. En fait, la plupart d'entre nous ont plus peur des implications ou de la manière que du fait de mourir.
Considérer que celle-ci se passera dans de bonnes circonstances à priori
facilite le fait de plus facilement l'accepter dans la vie normale, comme de
toute façon, nous n'avons que très peu de prise, il ne sert à rien d'avoir
peur.
Notre destin est de toute façon de mourir, alors autant profiter du temps qui
nous est alloué comme on le désire, même si celui-ci est réduit. Préparer son
départ peut être aussi un moyen de se libérer l'esprit et de mieux
l'appréhender.
La peur des conséquences de sa mort est tout fait compréhensible, et étrangement, c'est plus par rapport aux autres qu'on le ressent que par rapport à soi. Pour ce qui est des sentiments qu'ils ressentiront, il n'y a rien à faire, c'est inéluctable, pour les aspects matériels, tout ce que l'on peut faire est d'essayer de prendre ses dispositions pour ne pas laisser les siens dans le besoin.
Il faut considérer plusieurs point, par rapport à soi et ses funérailles et par rapport à la séparation de ses proches.
Préparer sa propre mort n'est pas triste en soi, c'est être prévoyant. De
nombreuses compagnies permettent même de tout mettre au point de son vivant
pour qu'au moment où elle arrivera tout soit comme on veut. Il est donc
important de réfléchir comment on voudrait que se passe les cérémonies de
funérailles, ce que va devenir notre corps,...
En ne le faisant pas, c'est aussi laisser ceux qui vont rester après soi dans
des décisions à prendre alors qu'ils seront affectés, voire dans
l'interrogation de savoir comment vous vouliez que les choses se déroulent.
Préparer ces proches à sa disparition du monde des vivants leur facilitera le travail de deuil. Cela est particulièrement vrai pour les jeunes enfants qui n'ont pas une perception claire de ce qu'est la mort. En cas de transmission d'une charge morale, le successeur ou les successeurs possibles pourront commencer à se faire une idée des responsabilités que celle-ci représente. Enfin, chacun pourra commencer à envisager son entourage après votre départ.
Nous sommes un certain nombre à envisager la vie et la mort comme une succession d'états de vie e d'états de mort. Cela se rapproche du principe de réincarnation.
Dans cette conception, nous oscillons entre deux mondes pour y résider. La
naissance (ou la conception du fœtus selon les individus) d'un côté correspond
au décès de l'autre et inversement. Cet aspect cyclique est le même que
l'alternance jour/nuit, été/hivers,...
Alors effectivement, on ne se souvient consciemment plus de ses incarnations
précédentes, ni du temps de mort précédent. Cependant, cela laisse une profonde
trace dans nos personnalités et parfois dans notre chair.
Cette conception n'est pas incompatible avec le culte des ancêtres et autres concepts, certains païens considérants avoir plusieurs âmes, une âme peut rejoindre le "grand tout", une reste dans la mort comme ancêtre et une continue dans le cycle des incarnations,...
Dans de nombreuses sensibilités païennes, la Terre est une entité dont nous sommes issus et à laquelle nous retournons. Elle est ainsi une Mère à part entière, nous sortons de son sein à la naissance, et nous retournons en elle à notre mort, réintégrant le Grand Tout qu’elle incarne. Ainsi, la mort peut être vue comme une phase de « normalisation », après une vie passé en séparation du Grand Tout.
A l’annonce d’une maladie au pronostic fatal, la réaction du malade et de son entourage suit généralement le schéma suivant : déni, colère, dépression et acceptation. Ces phases sont d’autant plus longues et violentes que la personne est jeune et que l’annonce est brutale et soudaine.
Il n’en va pas de même dans le cas d’une personne âgée, dont le cycle de vie est plus facilement considéré comme accompli, et dont l’échéance s’inscrit paradoxalement dans la continuité de la vie.
Il est indispensable donc de bien distinguer ces deux cas très différents.
Dans le cas de la personne âgée, il est important de faire ressentir l’amour que l’on éprouve pour elle, et de lui montrer que l’on est conscient de l’amour qu’elle nous a porté également, afin de mettre en valeur le lien qui nous unit à elle. Valoriser les actes de sa vie, même les plus infimes, permet de lui montrer que sa vie n’a pas été vaine, mais qu’elle est riche en souvenirs.
Dans le cas d’une personne jeune, la phase d’acceptation est d’autant plus difficile à atteindre que les objectifs de vie ne sont pas atteints. Elle dépend énormément de l’entourage proche, qui doit lui-même être en mesure d’accepter l’échéance fatale avant de pouvoir aider le mourant de quelque manière que ce soit.
A partir de ce moment, le travail d’accompagnement peut commencer. Le plus important est évidemment d’être à l’écoute de la personne, de comprendre ses angoisses, ses regrets. Il est maintenant tout à fait possible de voir avec elle et l’équipe soignante éventuelle un moyen efficace de traiter la douleur, de manière médicamenteuse ou non. Cela permet déjà de réduire les angoisses liées à la façon de mourir.
Sur le plan psychologique, il ne faut surtout pas hésiter à dire à la personne à quel point elle est aimée, à quel point son courage nous remplit de fierté, et que sa place restera malgré tout pour toujours dans notre cœur. Trop souvent, malheureusement, les gens oublient de se dire ces choses si importantes et elles sont pourtant indispensables pour rassurer et apaiser l’angoisse d’être oublié.
Au niveau spirituel, tous les cas de figures sont permis, que ce soit la dénégation totale d’une quelconque forme de croyance ou la naissance d’une conviction religieuse inébranlable. Dans tous les cas, le respect de la vision de la vie comme de la mort de la personne mourante s’impose. Cela peut être également le moment de partager ses prières.
Un autre aspect à ne pas négliger est le sentiment de culpabilité que la personne mourante peut ressentir face à ce qu’elle considère parfois comme un abandon de sa part des membres de sa famille. Sa disparition va provoquer des changements considérables dans la vie de ceux qui lui survivront, que ce soit au point de vue psychologique évidemment, par la tristesse qui en découlera, mais aussi au point de vue matériel, financier ou de l’organisation de la vie après sa mort, notamment s’il reste des enfants à élever. Assurer à la personne mourante que malgré les difficultés évidentes, il y a toujours des solutions et que l’on saura faire face à ces problèmes permet de diminuer, sans toutefois évincer ce sentiment de culpabilité.
Dans tous les cas, n’ayons pas peur de regarder la personne, de la toucher, de lui dire notre amour, ni d’en recevoir en retour. C’est le moment, plus que tout autre, de montrer la profondeur de la relation qui nous unit et l’affection que nous nous portons.
On peut distinguer plusieurs types de cérémonies de funérailles. Nous ne
pouvons que conseiller de suivre les volontés du défunt à ce propos, mais
parfois, il peut nous falloir plus et ce pour plusieurs raisons. Nous allons
donc essayer de voir divers cas de figure:
Si nous devons participer à ce genre de cérémonies ou en organiser
une, nous agissons avec respect. Nous pouvons cependant avoir deux attitudes
possibles: participer en respectant le protocole ou une mise en retrait pour
vous joindre à l'assistance spirituellement malgré que nous ne suivions pas le
rite.
La première attitude est plus diplomatique. Elle ne nous fera pas nous
distinguer. De toute façon, des funérailles ne sont pas un lieu de bataille de
convictions, il s'agit d'un au revoir pour le défunt. Rien ne nous empêche de
prier nos dieux, le défunt ou ses ancêtres en silence alors que d'autres
s'adressent à un autre dieu.
La seconde attitude ne sera acceptée que si les personnes présentent
connaissent nos convictions (en particulier la famille du défunt) et elles
pourront comprendre que nous voulions être avec elle, mais que nos rites sont
différents. Dans le cas où personne ne serait au courant, cette attitude peut
être au contraire très mal interprétée, elle serait donc à proscrire.
En aucun cas nous ne nous permettons d'imposer nos rites dans le cadre de
funérailles d'une personne d'une autre religion, cela ne serait pas compris,
serait mal interprété et finalement serait le plus malvenu dans un moment
difficile pour certaines personnes. Si nous voulons faire quelque chose de plus
pour le défunt, cela déjà été fait lors de la veillée ou sera fait par la
suite.
Rien ne nous empêche de vouloir rendre un hommage et faire un petit plus pour un défunt. Comme dit précédemment, il s'agit de ne pas heurter de sensibilités qui peuvent être blessée, aussi, nous le faisons en général discrètement. Cela peut prendre la forme d'une cérémonie en dehors de l'ensemble des funérailles officielles, mais parfois, certaines choses peuvent s'intégrer à l'officiel.
Parmi les éléments faisables discrètement, on compte l'évocation du défunt ou les vœux au défunt lors d'une cérémonie, on peut faire le retour à la terre au cimetière, de même on peut boire à sa mémoire lors d'un repas funéraire,... Les possibilités sont grandes, tout dépend de la tradition de chacun.
Par contre, il est aussi possible de faire sa "petite cérémonie" indépendamment. Cela peut revêtir différents aspects selon les pratiques de chacun. De même, cela peut se faire à divers endroits. Si on tient vraiment à faire une cérémonie au cimetière, cela est discret et respectueux des lieux de recueillement pour d'autres personnes, de même cela ne se fera pas illégalement avec une pénétration nocturne par exemple.
Elles peuvent revêtir divers aspects et s'effectuer dans divers lieux. On distingue cependant quelques éléments qui peuvent être les plus fréquents.
La personne qui mène la cérémonie est souvent:
Les cérémonies peuvent aussi avoir lieu dans divers endroits:
L'ambiance de ces cérémonies peut être très variée, du désespoir (avec des pleureuses) jusqu'à de grandes festivités joyeuses. Certaines peuvent surprendre ou choquer une personne non avertie, mais il faut qu'elle garde en tête que rien n'est anormal dans le déroulement, il s'agit juste d'un mode de pensée différent qu'elle ne comprend pas. Par exemple, la crémation est normale pour certains, alors qu'elle est une horreur pour d'autres.
Du fait d'une certaine souplesse des paganismes, la présence d'un païen d'une tradition dans une cérémonie d'une autre se fait sans trop de problèmes en général, il n'est donc pas nécessaire de développer plus que ça cette thématique, de toute façon, ce serait à voir au cas par cas.
Petite remarque:
Un autre élément à prendre en considération est que les cimetières ont des
règlements intérieurs, il convient de voir ce qui est possible de faire dans un
cimetière (Certains on des règlements intérieurs spécifiques) pour ne pas aller
à l'encontre de ce qui est autorisé lors d'une cérémonie. Si ce qui était prévu
est incompatible avec ce qui est autorisé, il convient de modifier les éléments
en rapport avec la cérémonie (moment, lieu, composition du rite,...) pour qu'il
n'y ait pas ce genre de conflits, il serait dommage d'être empêché de faire
quoique ce soit parce qu'on a voulu en faire trop.
Comme déjà dit, tout cela dépend des pratiques de chacun et des volontés du défunt.
Pour ceux qui ont choisi la crémation, il retrouve souvent le désir que les cendres soient répandues dans un lieu sacré ou de puissance. Cependant, il n'est pas exclu qu'elles restent à la garde de la famille, soient répandues en mer ou dans la nature, soient mélangées aux cendres d'autres parents, rejoignent un cimetière ou un columbarium, voire dans certains cas plus rares consommées par les proches comme on le trouve par rapport à des tribus amazoniennes,...
Pour ceux qui ont choisi de voir reposer leur corps dans un lieu de sépulture classique dans un cimetière, nous nous en référons aux lois et dispositions locales. Nous ne pouvons jouer que sur l'aspect de la sépulture, y intégrant un symbole de notre tradition, de préférence funéraire s'il en existe de particuliers (comme par exemple le valknut pour les nordiques). S'il s'agit d'un caveau familial déjà existant, il est toujours possible d'ajouter ce symbole à ceux déjà présents. On peut aussi ajouter des éléments au tombeau comme par exemple des menhirs aux bord, ou mettre des éléments au dessus (pyramides, obélisques, dolmens,...), selon la volonté de chacun.
Cela implique la croyance en une âme du défunt restant dans un stade de mort et se base sur le lien de filiation entre les individus d'une même famille ou communauté.
Au delà de la mort, les défunts continuent à s'intéresser à ceux qu'ils ont laissé derrière eux, à les aider parfois ou signifier leur mécontentement par rapport à certaines orientations prises. De même, le vivant facilite leur vie post-mortem en les alimentant, vient chercher des conseils ou du réconfort, vient demander leur aide dans l'accomplissement de certaines actions,...
Le défunt est considéré comme une sorte de petit dieu ou de génie pouvant toujours s'impliquer parmi les vivants. Une attention particulièrement grande est donnée aux défunts que l'on a connu personnellement avec leur mort, les défunts nous ayant guetté avant notre naissance, ayant eu des actions méritant d'être distinguées ou ayant eu une forte influence sur la famille.
Le culte des ancêtres possède de forts caractères en rapport avec le chamanisme, étant donné qu'un chaman peut aller directement les consulter ou que le défunt peut faire savoir en rêve son avis aux vivants.
Il arrive parfois que l'on nomme aussi un enfant naissance du prénom d'un de ses ancêtres en espérant que cela attire l'attention de ce dit ancêtre et qu'il favorise l'enfant en lui donnant ses qualités personnelles. Cette pratique se fait inconsciemment même dans un contexte non-païen, par le fait de nommer un enfants par le nom d'un saint, plutôt que par un nom inventé ou ayant une signification. Cette pratique se retrouve encore dans le milieu païen dans la prise de noms initiatiques d'un personnage célèbre (Merlin, Morgane, Ramsès,...) ou intégrant le nom d'un dieu (Thorrolf, Neferaset,...).
C’est un sujet délicat et à prendre sous divers angles.
On distinguera donc les aspects suivants:
Cela tient du culte des ancêtres (ci-dessus), du
moins entre dans la même logique. La seule réelle distinction est que le défunt
était connu de son vivant.
Cela peut consister à continuer à lui parler, voire lui écrire. On connais par
exemple le fait d’écrire à un défunt pour lui expliquer pourquoi certaines
choses sont faites (se remarier, vendre la maison de famille, etc...) pour
qu’ils puissent mieux accepter certaines choses, voire tout simplement leur
donner des nouvelles.
Cela prend souvent l’aspect d’un rêve. Le défunt a un message à transmettre, un avertissement, un conseil, une désapprobation ou apaiser une tristesse.
Un cas particulier est celui d’un mort faisant une demande. Ceci est à prendre sérieusement. Que le vivant accepte ou refuse la demande, la décision doit être claire. Il revient à chacun de choisir les suites à donner en fonction de la nature de la demande, de ses propres valeurs et de ses relations au défunt.
Cela comprend tous les moyens actifs pour communiquer de manière claire et
sans ambiguïté avec un mort.
Ces pratiques selon la manière dont elle sont pratiquées sont discutables.
Toujours est il qu’il ne faut pas prendre ça pour un amusement comme on le voit
trop souvent.
On pourrait voir les choses sous deux approches:
Evidemment, c’est le moment d’aborder le cadre du spiritisme qui se situe plus ou moins entre les deux. Celui-ci n’est généralement pas pratiqué par des personnes compétentes et ne conduit en général qu’à de l’illusion et c’est sans conséquences. Un vrai praticien opératif devra par contre agir avec la plus grande prudence.
Dans la catégorie revenants, nous pouvons y voir deux types principaux: le revenants spirituels et physiques.
Pour situer les revenants spirituels, nous illustrerons ça par tout ce qui correspond à des fantômes, des ancêtres venus aider ou signaler leur mécontentement.
Par revenants physiques, nous parlons de corps morts pouvant se déplacer, zombies et autres.
Voilà, nous avons fait un petit tour d'horizon du sujet. Si vous avez toujours des questions, des commentaires ou des cas non traités ici, n'hésitez pas à nous envoyer un petit mail.
Numéro CNIL : 1051289
Mentions Légales http://www.lapf.eu/mention.php