Il est impossible de pouvoir juger un système à partir d’un autre. Chacun prie à sa manière. Il n’y a pas de généralités sur la manière de prier, car il y a de multiples manières de le faire, une personne peut en avoir même plusieures.
Certains ont besoin d’avoir une chose en face pour diriger leur prière, non
pas envers la chose, mais vers la divinité. La représentation n’est qu’un
support pour libérer l’esprit et pour s’adresser à une divinité.
Pour prendre une illustration sur les religions des livres, ce n’est pas la Mecque, la statue d’un
saint ou le mur des lamentations qui est prié, mais bien leur dieu. Pour les
païens, c’est la même chose.
Concernant l’idolâtrie dont sont souvent accusés les païens, il est amusant de constater que ceux qui accusent ont le même genre d’attitudes dans leur propre religion.
Dans le culte des ancêtres, on trouve parfaitement l’illustration de ce propos. Il serait absurde de dire que ce sont les représentations ou objets des morts vers qui se dirigent les prières, mais bien les morts eux-mêmes.
Le culte des saints et la canonisation entre dans ce cadre, à mi-chemin avec des célébrations aux anciens héros.
Le terme est dans le fond assez mal choisi, car il ne s’agit pas vraiment d’un culte, ni même du lieu. En fait il s’agit surtout de mise en accord avec l’esprit du lieu. Que cela se face ponctuellement ou régulièrement parce qu’on habite la région, l’optique est au final similaire. Il s’agit de communiquer et d’échanger avec l’esprit du lieu. Les buts sont variables, simplement faire connaissance, s’attirer les bonnes grâces, bénéficier d’une aide, mais cela se fait toujours dans le respect et en proposant quelque chose en retour.
Le logique des pèlerinages pourrait de même se situer dans la même logique. En se rendant dans certains lieu ou faisant certains parcours, le croyant va selon un chemin en rapport avec sa religion afin de s’y purifier ou de faire un retour sur lui-même par rapport à son (/ses) dieu(x). Cette pratique se trouve aussi chez les païens, à ceci prêt qu’ils considèrent aussi les esprits de lieux en plus.
On trouve en particulier la bibliolâtrie. En effet, on trouve souvent cette
approche dans les religions des livres, où le support ou les textes sont donnés
pour valeur directe. De là, il devient hérétique d’aller dans un sens autre que
ce qu’il est écrit.
Cela va même jusqu’à considérer ces livres comme émanation de dieu.
Que sont les reliques saintes sinon des idoles en prenant la même logique?
On en trouve un peu partout, mur des lamentations, la Kaaba, tombeaux de prophètes, ossements de saints, ... …sans parler des christs dans les églises, des mezuzas, etc...
Si on met tout ça en cumul, qu’est ce qu’il y a qui ferait que les païens soient idolâtres par rapport aux autres croyants?
Uniquement un problème de perception et d’impartialité.
Numéro CNIL : 1051289
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