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Camp des Monts du Forez et du Pilat
Lundi 3 au lundi 10 juillet 2006

Rocher

Lundi 3

Début de semaine calme dans le camping, le week-end et l'Assemblée Générale près de Lille sont finis (voir compte-rendu). Certains participants nous ont déjà quitté la veille au soir, d'autres très tôt au petit matin (dès 5 heures)... Pour la plupart d'entre nous, les aux-revoirs ont quelque chose de déchirant : l'achèvement d'un moment, la promesse d'autres à venir, tout est confus.

Ne restent plus que les quelques téméraires (Géraldine, Sylvia, Bjornulfr, Nyarlathotep et Mazrin) qui vont enchaîner sur le camp des Monts du Forez, là démontant une tente, là remplissant le coffre d'une voiture. Tout se passe dans une humeur mélangée : avoir terminé une aventure et en commencer une autre... mais nulle précipitation, nous avons le temps.

Lac du Crescent

Lac du Crescent : Parc du Morvan

Enfin les voitures sont prêtes et les équipages se forment. Le trajet s'annonçant long sous ce soleil de plomb, nous décidons de le scinder en deux : descendre jusqu'au Parc du Morvan et y faire une halte nocturne avant de poursuivre vers St Étienne et les Monts du Forez. Heureusement, dans les véhicules, l'ambiance évite aux chauffeurs de s'abandonner à la torpeur estivale.

Nous atteignons finalement le Parc du Morvan en fin d'après-midi, et progressons jusqu'au Lac de Crescent où nous passerons une nuit bien méritée à la fraîche. Un repas frugal et nous voici sortant les duvets sur les rives du lac... Quelques oiseaux, des eaux calmes et tranquilles, une barque amarrée sur le bord qui ondule au gré des éléments, et... le concert ininterrompu des grenouilles. Pas besoin de monter les tentes, nous dormons à la belle étoile sous le regard d'un beau croissant de Lune surplombant le lac.

Mardi 4

Au petit matin, la nuit et les grenouilles aidant, notre joyeuse bande se partage en deux groupes bien distincts : ceux qui ont eu du mal à s'endormir et ceux qui n'ont pas réussi à une faire une nuit entière. Nous levons donc le camp et nous dirigeons vers la petite ville la plus proche afin de nous réchauffer autour d'un bon thé ou café dans le troquet du coin.

Le sang galvanisé par tous ces breuvages, la seconde et dernière partie de notre migration vers le Sud peut alors débuter. Les discussions entamées la veille se poursuivent tranquillement dans les différentes voitures jusqu'à ce nous atteignons St Étienne. Saint-Étienne : ville célèbre pour sa Manufacture, son industrie du cycle, et... ses travaux qui nous contraindront à mille et un détour dans des rues labyrinthiques, avant de pouvoir goûter l'extase de salvatrices douches rafraîchissantes.

Enfin se joignent à notre équipe de survivors en herbe, Masterk et ses deux filles, lesquelles s'avèreront pleinement heureuses de participer à nos vacances trop bonnes. Monts du Forez, nous voici !!!

Préparation du repas du soir

Préparation du repas du soir

Arrivés sur le site du Dolmen de Luriecq, il faut déjà commencer à s'activer et descendre les bagages avant que la lumière ne tombe de trop... Et tandis que de douces fraises des bois améliorent notre ordinaire, certains pensent déjà à préparer le repas du soir auquel finalement tout le monde mettra la main à la pâte. Le ventre bien tendu et quelques délires plus tard, nous nous décidons une fois de plus à dormir à la belle étoile.

 
Dolmen Luriecq : Le dolmen de Luriecq est un réel mégalithe. Daté du III ème millénaire avant Jésus-Christ, il est situé sur la limite orientale des mégalithes. Le site de Luriecq est sur le parcours des chasseurs du Paléolithique, suivant l'Ance et la Mare. Le dolmen témoigne de la très ancienne occupation de ce qui deviendra le territoire des Ségusiaves avec l'arrivée des Celtes.
 
Dolmen de Luriecq

Dolmen de Luriecq

Mercredi 5

Mercredi matin, il est 5h45 et tout notre petit groupe dort tranquillement. Tout ? Que nenni, car déjà deux irréductibles Gaulois se sont dressés et écoutent anxieusement un bruit qui semble s'approcher. Il est 5h45 et un tracteur en pleine manœuvre d'élagage / débroussaillage s'approche dans un tonnerre mécanique... jusqu'à se retrouver bloqué par nos voitures qui sont restées à quelques mètres dans le chemin.

Une petite balade dans St Bonnet le Château et sa collégiale, et la faim nous tiraillant déjà, nous menons quelques courses avant un petit pique-nique impromptu au bord d'un étang. L'après-midi sera par la suite l'occasion de découvrir un certain nombre de sites mégalithiques dans les forêts proches de St Bonnet et de la Tourette. Définitivement, les païens que nous sommes préfèrent les cathédrales végétales ou rocheuses aux cathédrales de pierre : sentir l'air frais et humide effleurer nos visages, les feuilles caresser chacun de nos pas et se laisser bercer par le murmure des ruisseaux...

Site mégalithique de la Tourette

Site mégalithique de la Tourette

Mais il faut déjà penser à la suite, et tandis que certains s'installent au camping d'Estivareilles et que d'autres vont nous acheter quelque pitance, nous envoyons un charmant comité d'accueil à la gare de St Étienne récupérer Riketz. La nuit s'annoncera particulièrement reposante sous le son et lumière spectaculaire d'un bel orage d'été.

 
Roche volcanique

Énorme pierre volcanique

St Bonnet le Château : Ville du Moyen-Âge par excellence sur son piton à près de 900m d'altitude, avec sa Collégiale, son chemin de ronde et ses vieux quartiers. La Chapelle des Morts ou «Le Caveau des Momies» : dans la Collégiale il existe une vingtaine de caveaux, l'église étant lieu de sépultures pour les prêtres et notables bienfaiteurs. La plupart de ces caveaux ont été violés et pillés à la Révolution de 1789. Dans celui de la dernière chapelle de droite, on a trouvé, lors des réparations, en 1837, une quarantaine de squelettes conservés grâce à l'alun et à l'arsenic du sol. On ne sait absolument pas qui sont ces personnes, pour quelles raisons elles sont là, ni d'ailleurs depuis quand. Ce sont sans doute des victimes du Baron des Adrets qui a sévit dans la région en 1562. http://www.st-bonnet-le-chateau.fr/

Jeudi 6

Pierre à cupule

Pierre à cupule à Daniecq

Nous poursuivons notre quête minérale près de Daniecq, dans le Circuit des Pierres. Quelle est étrange cette sensation à l'idée de penser que nous marchons là où certains de nos ancêtres ont jadis marché... Marcher sur les traces de nos prédécesseurs, retrouver une parcelle de ce que nous avons oublié... N'est-ce pas là quelque part ce à quoi nous aspirons plus ou moins tous ?

Lac de Merle-Leignecq

Lac de Merle-Leignecq

Les rives du lac de Merle-Leignecq, où nous avons pu apercevoir deux beaux hérons cendrés ayant sans doute élu domicile dans les environs, seront pour le midi notre hôte à l'occasion d'un petit pique-nique revigorant. Et nous repartons de plus belle ! Direction l'écomusée d'Usson en Forez, le temps semble avoir inversé sa course le temps d'une visite : des costumes des anciens temps, des outillages liés à d'anciens métiers... nous sommes quelques uns à réaliser que le grenier reconstitué dans ce musée nous rappelle le bric-à-brac des greniers de nos grands-mères, et quelque part, certains de ces objets nous semblent volontiers familiers !

Petit jardin de l'écomusée

Petit jardin de l'écomusée

Enfin, la soirée approchant, nous nous rendons à l'Oppidum d'Essalois surplombant les Gorges de la Loire. Le restaurant situé tout près constituant notre table d'un soir, nous voici trinquant, plaisantant et discutant gaiement autour de quelques plats avant retourner mettre en place notre campement.

 
Dîner à l'auberge

Dîner à l'auberge

Le Circuit des Pierres vers Daniecq : Sur le site de Daniecq nos ancêtres ont laissé les témoignages de leur présence sous la forme de bassins, cupules, sièges creusés dans la pierre, d'alignements rocheux, de blocs et d'un curieux « polissoir », vaste plaque de granit inclinée, portant les traces d'usure produites par le frottement des pierres que l'homme venait y façonner. Une impression de mystère se dégage de ce site. Sans doute provient-elle de ces marques laissées sur ces rochers par des humains qui y vécurent à une époque très lointaine mais encore mal définie dans la nuit des temps.

Usson en Forez : Aux confins de l'Auvergne, du Forez et du Velay, Usson-en-Forez culmine à 980 m. L'écomusée des Monts du Forez : c'est Alex Folléas, né en 1922, qui constitue la collection initiale du musée. Chirurgien-dentiste dans plusieurs bourgs des monts du Forez, il rassemble tout au long de sa vie plus de 2000 objets : cabane de berger, vierge d'accouchement, jouets d'enfants, matériel de dentellières... autant d'objets qui illustrent la vie dans les monts du Forez. Cette collection unique est donnée à la municipalité d'Usson-en-Forez en 1989. http://www.usson-en-forez.fr/homepage.php3?idpp=musee&bk=1

Vendredi 7

Château d'Essalois

Château d'Essalois

La première partie de cette journée se déroule dans les environs du château d'Essalois. Pour certains d'entre nous, ce lieu aura été l'occasion de s'isoler quelques instants : au milieu de la nuit pour certain ou en milieu de matinée pour d'autre. Manifestement ce lieu a quelque chose de particulier... Comment diantre peut-on le décrire ? Splendide ? Majestueux ? Mystérieux ? Probablement un peu de tout cela... Des murailles en ruines, des affleurements rocheux envoûtants, et un panorama sur les Gorges de la Loire qui laisseront certainement une image dans nos esprits.

Gorges de la Loire

Vue sur les Gorges de la Loire

L'après-midi sera plus « estivale » avec un pique-nique sur les bords de la Loire, non loin du port de plaisance de St Victor sur Loire. Le temps de savourer tranquillement les rayons de l'astre du jour, de se reposer un peu... mais aussi malheureusement de quitter Nyarlathotep.

Préparation du feu de bois

Préparation du feu de bois

La promenade près du Plateau de la Danse sera à l'image des instants passés un peu plus tôt au château d'Essalois : grandiose. Le fleuve encaissé qui ondule imperceptiblement en contre-bas des falaises escarpées, les sous-bois luxuriants qui par endroits laissent apparaître des enrochements immobiles, et le Silence...

 

L'oppidum d'Essalois : En face de la romanesque tour de Grangent, au sommet des rochers à pics contre lesquels venait se briser la Loire, on aperçoit la masse imposante du château d'Essalois. Le château est construit sur l'emplacement d'un oppidum occupé par les gaulois Ségusiaves de -170 à -25 avant notre ère. Il est placé sur un sommet arrondi à 680 mètres d'altitude, et domine la Loire, face à l'oppidum du plateau de la Danse, sur l'autre rive et surveille l'entrée du fleuve dans la plaine du Forez. C'était un important marché en liaison, notamment avec la région méditerranéenne. Cet oppidum gaulois, situé à 700 mètres de la Loire à vol d'oiseau, était une véritable forteresse capable de soutenir un siège et de recevoir une foule nombreuse. Des marchands venus de partout s'y donnaient rendez-vous. Une légende s'attache à ce château, celle de cette dame Isabelle enlevée lors d'une guerre (celle de Cent Ans ?) et sauvée par le Roi de France en personne. Le château actuel fut construit en 1580 par Léonard de Bertrand, maître des eaux et forêts de Montbrison. Le château fut pris en mai 1590 par les troupes catholiques d'Honoré d'Urfé lors des Guerres de Religion et vendu en 1671 aux moines du Val-Jésus qui en furent propriétaires jusqu'à la Révolution.

Gorges de la Loire : Les Gorges de la Loire sont situées dans le sud du département, à 10 km seulement à l'ouest de St Étienne. Elles constituent la frontière naturelle entre les Monts du Forez et le Massif du Pilat. Ces gorges pittoresques, aux versants abrupts, surplombent la Loire ralentie par le barrage de Grangent. Elles offrent au promeneur de superbes paysages, mais sont aussi caractérisées par une riche mosaïque de milieux et d'espèces, ce qui en fait un site d'un grand intérêt écologique.

Samedi 8

Pique-nique

Pique-nique

Le samedi nous nous rendons non loin de la Chartreuse de Ste Croix en Jarez (Pilat). La journée débutera par notre première rencontre avec Elijah à la terrasse d'un café. L'ambiance est particulièrement conviviale et détendue... et nous décidons d'aller pique-niquer au barrage de Couzon afin de regagner quelques forces... car l'après-midi sera consacrée à ce que certains attendaient impatiemment : les Roches du Marlin et la Pierre qui Chante.

Roches du Marlin

Les Roches du Marlin

Les Roches du Marlin font clairement partie de ces trésors qui se méritent. Monter à travers les chemins sans réellement pouvoir se cacher sous le cagnard (les puristes noteront le paradoxe étymologique dans cette phrase) et enfin accéder aux Roches... S'adosser à elles, s'allonger sur elles, les ressentir... et fusionner quelques instants avec elles. Ces pierres jalonnées de ci de là sur le plateau représentent un ancien site mégalithique dont l'utilisation et la signification reste encore bien mystérieuse.

Encore plus mystérieuse, la pierre couchée se nommant la Pierre qui Chante, indiquant le Nord-Est axe du lever du soleil lors du solstice d'été.

Pierre qui chante

La Pierre qui chante : Roches de Marlin

Le soir, nous quitterons quelques instants le camping de Chavanay pour un petit sumbel dans un champ proche. L'occasion pour chacun d'exprimer devant tous ou dans un silence plus intime les diverses choses qui nous tiennent à cœur.

Pilat : À l'époque celtique, deux peuples celtiques se partageaient le Pilat : les Ségusiaves et les Allobroges. Ils nous ont laissé le nom de Pilat qui veut dire, en celte, montagne large («pi» : montagne et «lat» : large).

Les Roches de Marlin : Dans le Pilat se trouvent des sites mégalithiques quasiment inconnus et en tous cas rarement étudiés par nos historiens ou archéologues patentés... et on peut s'en demander la vraie raison. Au-dessus de la chartreuse de Ste Croix se trouve un immense ensemble de mégalithes étranges : les Roches de Marlin... Veillent-elles sur la vallée ou sur un savoir oublié ? Loin des villes et des hameaux qui l'environnent, ce site reste « hors des normes de notre civilisation »... mais cet étrange isolement reste peut-être pour de bonnes causes... On dit que sur ces pierres courent des légendes mentionnant des témoins ayant aperçu des phénomènes extraordinaires... Et puis ce nom « roches de Marlin » ne nous plonge t-il pas dans le domaine de Merlin... le magicien du roi Artus des Romans de la Table Ronde ? Voir http://www.france-secret.com/marlin_art1.html et http://www.france-secret.com/marlin_art2.html

Dimanche 9

Menhir du Flat

Menhir du Flat

Une journée qui s'amorce auprès du Menhir du Flat : l'occasion de ressentir la pierre, de sauter sur les roches, de tresser là une roue solaire, là une splendide couronne de fleurs, et de déposer dans un creux du menhir ou dans la poussière du sol quelques traces de notre passage païen... Attention bonnes gens, les païens sont encore là !

Enfin la journée s'achèvera sur une petite séance de chamanisme informelle dans les sous-bois. Confortablement installés sur des lits de mousse, cachés par quelques rochers, nous nous abandonnons aux rythmes des chants et des tambours.

Dernière nuit dans le Pilat

Dernière nuit dans le Pilat

Le soir nous allâmes camper de nouveau dans les bois, tous rassemblés en cercle, écoutant le conte égyptien narré par Sylvia. Le soleil effleurant la cime des arbres, il sera temps qu'à son tour, Mazrin nous quitte. Pour les autres, c'est là que nous avons passé notre dernière nuit ensemble.

 

Le Menhir du Flat : Le menhir du Flat est un site d'accès aisé, proche de la route et du village de Colombier. Son état, dans l'ensemble, est satisfaisant, au point qu'il est encore possible d'imaginer ce que pouvait être ce lieu à son origine... sans pour autant, hélas, pouvoir définir sa véritable utilité primaire. Ce dernier aspect est toujours d'une approche délicate, tant les théories sont divergentes sur le « pourquoi » mégalithique. Ce site est également intéressant par le fait qu'il détient le seul menhir reconnu par les autorités du Pilat, sans toutefois que ces dernières ne daignent lui accorder l'intérêt d'une étude plus approfondie. Voir http://www.france-secret.com/flat_art1.htm, http://www.france-secret.com/flat_art2.htm et http://www.france-secret.com/flat_art3.htm.

Lundi 10

Le lendemain matin fut le temps des aux revoirs, pensant déjà au prochain campement que nous pourrions faire tous ensemble ou avec d'autres qui voudraient se joindre à nous pour découvrir les richesses ancestrales d'une autre région et la joie de cette expérience de retour aux sources.

Fleur