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Une maladie païenne:
Le syndrome de Constantin

Constantin est le premier empereur romain chrétien, à partir de lui, le paganisme ne cessera de décliner dans l’empire et sera de moins en moins représenté, jusqu’à son interdiction par Théodose.
Cette petite parenthèse historique est là pour expliquer l’origine de ce nom.

Ce syndrome touche principalement les jeunes païens de première génération qui n’ont pas encore réussi à passer au delà de leur confession d’origine. On le trouve à un degré bien moindre chez des plus anciens qui sont passé au delà, mais sous une autre forme consciente et maîtrisée.

Mais en quoi consiste-t-il? Il s’agit de la référence à la religion d’origine, en général un christianisme et plus précisément le catholicisme. Le patient passe beaucoup de temps et d’énergie à comparer sa nouvelle voie avec l’ancienne. Cela tient souvent d’une sorte de colère dirigée à reprocher toutes les raisons pour laquelle il l’a quitté et les anciens crimes commis par l’Eglise.
Ainsi, on trouvera l’inquisition, les conversions forcées, les destructions de temples, les destructions de savoir mystiques et scientifiques. Il y a aussi la comparaison de mœurs préconisés, comme la condition féminine, le célibat des prêtres, la déresponsabilisation spirituelle des fidèles, la condamnation des paganismes*, les incohérences dogmatiques, la collaboration de l’Eglise avec des régimes totalitaires… Même la Wicca qui est pourtant une tradition récente a hérité de ce syndrome avec la notion de ‘burning time/’temps des bûchers’ et la mise en avant de la déesse par rapport au dieu.
Parfois, cela s’étend aux autres religions des livres, l’islam et le judaïsme pour les mêmes raisons ou des raisons similaires. Il ne faut cependant pas y voir une forme d’islamophobie ou d’antisémitisme, cela restant au niveau historique ou éthique, mais ne va pas jusqu’à l’agression gratuite.

Là où ce syndrome est vicieux est qu’il repose sur des réalités et l’ensemble des choses reprochées est souvent légitime. La plupart de ces arguments se base sur les droits de l’Hommes et est difficilement contestable hors contexte religieux.

Cette approche pose un énorme problème. Le patient passe beaucoup de temps et d’énergie à se disperser avec ça au lieu de se concentrer sur d’autres choses qui seraient plus constructives pour lui. Ca ne le mène nulle part, et peut l’isoler de ceux qui ne sont pas dans son cas et qui s’en lassent.
Il lui faut donc réaliser que sa nouvelle tradition est indépendante de sa religion d’origine et qu’il est plus viable de se consacrer à la nouvelle plutôt que de perdre son temps avec l’ancienne.

Comme dit plus haut, les arguments utilisés sont viables et souvent légitimes, surtout en ce qui concerne les discriminations qu’ont pu subir les païens dans l’histoire de la part de ces religions. Sans enterrer complètement le problème, il faut trouver le point d’équilibre où on ne se focalise plus sur la religion d’origine, mais garder à l’œil les évolutions de société pour éviter que de nouvelles persécutions puissent réapparaître ou tout du moins pouvoir avoir conscience de leur montées si celles-ci menaçaient de revenir.

De même, il faut être réaliste, même si la société actuelle est moins religieuse qu’autrefois, notre entourage pense d’abord aux monothéismes quand on aborde le sujet de la religion. De même, la plupart des personnes se disant croyantes sont de ces religions, nous ne pouvons pas nous enfermer dans un ghetto religieux en nous communautarisant. Les effets en seraient dévastateurs pour nous d’un point de vue social.
C’est aussi le credo qu’exploitent certains groupes identitaires voulant récupérer les paganismes à leur compte en entretenant la haine de ce qu’ils appellent les ‘religions du désert’. On s’aperçoit très vite que cela ne cache qu’à peine des théories ethniques et raciales.

Il revient ainsi à chacun de nous de gérer ce syndrome. Nous pouvons très bien avoir notre identité païenne sans pour autant perdre de vue le côté autonome de nos traditions. Notre refus du prosélytisme doit ainsi s’accompagner du refus d’isoler le paganisme pour qu’il s’intègre comme une aspiration religieuse normale et légitime.
Nous ne devons pas non plus donner d’arguments à nos détracteurs en voulant jouer la carte de l’opposition vers laquelle nous pousse ce syndrome. Nous devons au contraire jouer la carte de la laïcité tolérante entre les religions pour pouvoir pleinement nous exprimer dans les notres.


Note

*En consultant les livres saints des grandes religions des livres, on ne peut que constater la condamnation des paganismes et une forte volonté d’y mettre un terme par la conversion, voire la mort. Ce point est très important dans la paranoïa que peuvent entretenir certains vis à vis de ces religions. En effet celles-ci ont fortement influencé la civilisation occidentale et explique en partie les accusations dont font l’objets les paganismes. Ainsi de nombreux païens préfèrent rester cacher pour cette raison.