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Week-end à Brocéliande
(Du 18 au 21 juin 2004)

Carte de Brocéliande

Participants : Flower, Nicolas, Aos, Björnulfr, Aset-Isis, Faol, Sébastien, Olivier, Elodie, Yves, Sanya, Claire, Morgane, et Jean-Luc (le druide).

Vendredi soir

Contents d'être arrivés sur les lieux ! La route pour parvenir au Trudeau, bordée d'arbres, permet d'apercevoir la forêt et nous remplit d'émerveillement. Nous avons l'impression de pénétrer dans une allée royale, où les arbres nous accueillent en faisant une sorte de haie d'honneur? La prairie du camping, parsemée de petites tentes, donne l'image d'un agréable paysage champêtre.

Montage de la tente

Ca fait plaisir de rencontrer tous ces gens avec qui on communique depuis déjà un bon moment sur le net ! Pendant que les nouveaux arrivants essayent tant bien que mal de monter leurs tentes en petit camp, certains partent pour acheter du chouchen. Oui, nous n'avons pas perdu notre temps ! Il paraît que le montage des tentes était très rigolo à voir faire... (Björnulfr : Comment ça ? Ça s'est très bien passé, on a eu le temps de la monter trois fois !!!).

Nous continuons à discuter et à faire connaissance, le week-end commence bien et nous sommes tous très enthousiastes de nous retrouver ici. Puis la faim commençant à faire signe, nous allons manger à Paimpont dans un restaurant convivial à grillades et galettes. L'humeur est joyeuse et festive, l'ambiance au beau fixe, les discussions fusent comme dans un repas de famille ! Tout le monde semble bien heureux d'être là et de mettre enfin un visage sur ces personnes avec lesquelles nous avons tant échangé depuis plusieurs années. Après avoir bien rempli nos ventres, nous retournons au camping pour discuter et dormir dans nos tentes pour une nuit assez fraîche.

-oOo-

Samedi matin

La réunion

Petit déjeuner en groupe à la bonne franquette dans l'herbe puis réunion de préparation de l'association.

Discussion sur les statuts, le règlement intérieur, le bulletin d'adhésion, etc. Puis vote des membres du bureau.

Ces tâches administratives passées (pour un compte rendu complet et les statuts de Lapf, voir la rubrique consacrée à ce sujet dans le site), en route pour Paimpont pour quelques courses puis déjeuner sur l'herbe avec Jean Luc le druide, qui sera notre guide, sur la rive nord de l'étang de Paimpont. Les énergies druidiques à peine cachées par les symboles chrétiens nous permettent de commencer notre modification vibratoire dans un cadre assez enchanteur... En effet, il nous faut nous préparer à être en harmonie avec la Forêt.

?

Jean Luc nous présente le parcours que nous allons effectuer dans l'après-midi, qui promet d'être intéressant et intense. Il nous faut essayer de suivre les schémas celtiques pour mieux comprendre sa tradition. Respect de la forêt, écoute de l'environnement, lors de notre périple, il va nous falloir être très attentifs : tous nos sens seront mis à contribution. Chaque oiseau qui chante, chaque animal nous accompagnant est un mot du langage de la forêt. Nous allons voir mais aussi entendre et sentir, c'est le seul moyen de pénétrer le coeur de Brocéliande et de comprendre son message pour nous. Nous allons avoir peu de temps pour découvrir la forêt, ce qui explique notre programme plutôt chargé, et nos déplacements en voiture... Il est bien sûr préférable de prendre autant de temps que possible, et de faire les trajets entre les différents lieux à pied, comme un pèlerinage. Nous sommes bien conscients que nous ne pourrons avoir qu'un aperçu de la forêt, et nous nous promettons de revenir pour prendre davantage de temps.

Samedi après-midi

Forges de Paimpont

Forges de Paimpont

La visite, qui suit un plan de développement initiatique bien précis, commence par les Forges de Paimpont (point de rencontre avec un premier élément : le feu) et le Pont des secrets. Les forges datent du 17ème siècle et étaient destinées à exploiter l'hématite rouge tout en utilisant le bois de la forêt susceptible de fournir le charbon de bois nécessaire à l'alimentation du haut fourneau. Comme toutes les forges au bois de Bretagne, celles de Paimpont sont vouées à disparaître devant la sidérurgie moderne utilisant le charbon de terre. En 1865, les deux forges s'éteignent. Après divers sursauts, le site est abandonné en 1900.

Arbres et étangs

Près des forges on découvre une charmante petite chapelle en schiste rouge caractéristique du pays. Le site est bordé de deux étangs et des grands arbres.

La tradition veut que l'on pratique la chasse à courre dans les bois environnants, d'ailleurs les chiens ne sont pas là... En allant davantage vers l'Ouest, se trouve le « pont des secrets » qui serait, d'après une tradition récente, l'endroit où Lancelot aurait avoué son amour à Guenièvre.

Tombeau de Merlin et Fontaine de Jouvence

Tombeau de Merlin

Arrivant sur le lieu et marchant sur nos premières écailles de dragons (les rochers de schiste rouge qui couvrent le chemin pour aller jusqu'au tombeau), nous arrivons près d'un mégalithe qui a pris l'allure d'un simple rocher, où de nombreuses personnes laissent un vœu, espérant que Merlin le réalise. Pour la légende locale il marque l'emplacement où Viviane enferma Merlin en traçant neuf cercles magiques autour lui. Jusqu'en 1892, le tombeau de Merlin comptait encore huit dalles. Le propriétaire de l'époque décida de procéder à une fouille et détruisit l'essentiel du site. La « tombe » est couverte de petits papiers (mais tous ne sont pas bien intentionnés) et de couronnes d'herbes que l'on peut qualifier de païennes.

Tombeau de Merlin

Un arbre avait décidé de pousser mais l'attrait touristique du lieu ne semble pas l'avoir encouragé à pousser : bien que nous soyons au printemps, l'arbre se meurt petit à petit ? C'est un lieu d'où se dégage une certaine mélancolie, a-t-elle un rapport avec Merlin ?

Ensuite nous suivons le chemin au milieu de la forêt, pour nous rendre à la fontaine de Jouvence, entourée de grillage mais heureusement de lierre aussi, qui symbolise la connexion avec le Divin par l'Eternel Retour, le cycle des renaissances? Autrefois le recensement des enfants nés pendant l'année se faisait à proximité des fontaines. A la date du solstice d'été (21 juin), ces enfants étaient présentés aux grands prêtres afin qu'ils puissent être lavés et inscrits sur le "marith" (registre). La cérémonie avait lieu la nuit, de grands feux étaient allumés. Les enfants qui n'avaient pu être présentés au recensement de l'année étaient ramenés l'année suivante, et inscrits comme nouveaux-nés de la nouvelle année, de sorte qu'ils se trouvaient rajeunis d'un an !

En continuant le chemin on arrive à une sorte de carrière de schiste (encore des écailles de dragon !) où des personnes ont fait un triskel avec des pierres et monté des dolmens miniatures. Un flux d'énergie tellurique passe par le haut. Des fourmis en suivent le parcours, comme quoi ce qu'on lit à ce sujet ne semble pas faux. Certains ressentent énormément de pression venant de la terre, et commencent même à avoir mal à la tête. Un sentiment de malaise envahit quelques personnes du groupe, et nous quittons rapidement le lieu, pour nous rendre au...

Chêne à Guillotin

Voici un chêne gigantesque comme il en reste peu dans notre pays.

Le chêne à Guillotin

Chêne (Quercus Robur) ou PEDONCULE
Hauteur : 20 mètres
Circonférence : 9m65 !
Âge : environ 1 000 ans

Le chêne profite d'un ensemble aménagé par la commune de Concoret qui lui permet d'être mis en valeur et également protégé. A l'intérieur on peut voir un creux énorme qui a servi de cachette au prêtre réfractaire Guillotin pendant la révolution en 1791, d'où son nom. Un travail de concentration sur le creux peut être très intéressant. L'écorce de l'arbre est très dure, ses branches sont de la taille des arbres que l'on voit plus habituellement !

Le chêne à Guillotin

Ce très vieil arbre a énormément vécu et cela se sent quand on le touche. Beaucoup de choses se sont passées devant lui, sa vie a été longue et il est fatigué. Mais il nous laisse quand même nous reposer un peu contre lui, pas trop longtemps, juste assez pour atténuer un mal de tête persistant depuis la carrière.Chacun a communiqué avec lui à sa manière, tous nous avons eu des sensations différentes, mais les touristes ne nous ont pas forcément mis à l'aise ;o) ...

Puis nous roulons, toujours en voiture pour aller d'un endroit à l'autre vers le jardin aux moines.

Le jardin aux moines

Le jardin aux moines

Etape suivante, un site mégalithique étonnant et mystérieux dont l'origine reste obscure. Les limites du lieu sont définies par les blocs de quartz et de schiste. La légende dit qu'autrefois, les moines et les seigneurs peu en odeur de sainteté, passaient leur temps à festoyer. Un jour Saint Méen les surprit ainsi sur la lande et les incita à une vie plus monacale, ce dont ils se glosèrent. La punition divine ne fut pas longue à venir, ils furent aussitôt changés en pierres sur le lieu même de leurs ripailles. Ce que l'histoire ne dit pas, c'est qui des blocs de schiste ou de quartz étaient les seigneurs ou les moines.

Le jardin aux moines

Le site est divisé en trois parties comme les cathédrales et certaines églises, qui symbolisent les trois plans de conscience (physique, esprit, âme). Les énergies sont en général graduelles et le taux vibratoire du futur initié augmente progressivement alors qu'il pénètre l'endroit. Toutes les philosophies et religions considèrent que l'homme peut s'élever vers la spiritualité par trois étapes successives : du végétal à l'humain puis au divin pour la recherche du Graal, du monde des passions (physique) au monde des apparences (esprit) puis au monde de la non apparence (âme) pour les bouddhistes, du rectangle de la vie physique au carré de la vie spirituelle puis au cercle de la vie divine (âme) pour les chrétiens et certains païens. Ces trois formes sont celles des trois tables du roi Arthur dont le symbolisme est le même (unité de la trinité). En « regardant » bien on doit pouvoir trouver la quatrième table, celle d'Hermès Trismégiste, la Table d'Emeraude (ce qui est en bas et comme ce qui est en haut), celle-ci est invisible et en volume. Et l'une de ces limites est peut-être liée à la cheminée que l'on peut sentir vers la troisième partie du site ? Une onde tellurique se trouve aussi en plein centre de ce qu'on pourrait appeler le chœur de l'ancien « temple »...encore un curieux hasard ?

Le jardin aux moines

Le jardin aux moines était donc l'endroit idéal pour travailler notre perception des énergies minérales, végétales mais aussi humaines, ce que nous fîmes tous ensemble.

Nous sommes d'abord partis à l'écoute des blocs de quartz et de schiste rouge afin d'en comparer les énergies. Il nous est apparu que le quartz, avec ces inclusions de cristaux plus ou moins purs, était plutôt un récepteur d'énergie (dans cette configuration), féminin, magnétique et négatif selon les termes employés par chacun. Le schiste quant à lui présente une nature émettrice, masculine, électrique et positive. Le cristal de roche (un quartz très pur) représentant l'union des contraires on se retrouve ici dans un endroit qui ne laisse pas place au hasard... On trouve cependant plus de quartz que de schiste, pourquoi ?

Le travail suivant s'est déroulé dans la forêt de bouleaux proche, arbre de la guérison et de la transe chamanique. Nous dûmes trouver celui qui nous correspondait, et aller vers lui en lui demandant mentalement s'il acceptait de « travailler » avec nous. Une fois la permission ressentie, nous devions utiliser notre main réceptrice pour sentir ses énergies circuler, trouver la « porte » et entrer en communication directe avec lui. A un moment donné nous étions supposés sentir que la porte se refermait. Nous devions avoir une expérience toute particulière, pour la rouvrir. Chacun a ressenti des choses très différentes liées à son niveau de conscience et à ce qu'il attendait de cet arbre, parfois nous avons un peu « oublié » les consignes ;o). Mais comment choisir un arbre ? Que lui dire ? Comment entrer en contact ? Cette démarche est loin d'être habituelle pour tout le monde, mais en se laissant aller, en écoutant... respiration ? Pouls ? L'arbre est bien vivant... Des sensations grisantes s'élèvent, on ne voudrait plus que cela cesse, mais il le faut, alors on remercie l'arbre pour ce moment partagé, et on lui dit au revoir...

Pour terminer nous avons commencé une expérience sur la perception de l'aura humaine, avec quelques uns d'entre nous qui ont accepté de jouer les cobayes, l'objectif étant d'arriver à distinguer l'aura et le corps éthérique, et les diverses couleurs, pour mieux connaître les forces et faiblesses d'un individu. Mais attention, on ne peut se prêter à cette expérience qu'avec l'accord des personnes, on ne sonde pas l'aura sans autorisation... Pour certains, l'aura donnait des informations qui peuvent être trouvées par d'autres moyens, et ils n'étaient pas convaincus, mais d'autres ont été troublés par la perspicacité et les remarques faites par notre ami druide. A chacun d'utiliser la méthode avec laquelle/lesquelles il se trouve le plus en résonance pour aider et connaître mieux les personnes qui le lui demandent... mais il est difficile pour plusieurs d'entre nous de dépasser le stade de l'aura. Les couleurs, etc, ce sera pour plus tard !

Concoret

Concoret

Petit village de la forêt de Brocéliande, Concoret présente une vue sur les cheminées cosmo telluriques de la forêt (petits cyclones énergétiques verticaux à sens alternatif) à qui saura les voir. Les cheminées sont des régulateurs de la nature dont l'énergie se présente comme une respiration en se gonflant et se dégonflant. Certaines partent du sol pour monter vers le ciel, d'autres font le trajet inverse... elles peuvent être noires (celles qui sortent de la terre) ou blanches (celles qui viennent du ciel), selon ce sens justement. Difficile de les voir ! On peut essayer de mettre sa main devant soi et de regarder la ligne d'horizon entre ses deux doigts, mais voici encore une chose à travailler...

En reprenant la route nous partons vers Néant, oui c'est bien le nom de ce village. Nous nous arrêtons au bord de la route, près d'une fontaine dont l'eau fraîche est bien agréable. Notre guide nous a demandé de trouver les "portes" du Néant... fatigue de la journée ? En tout cas nous sommes restés perplexes et cet endroit nous a laissé de marbre? Géraldine avance une hypothèse : nous ne pouvions les trouver puisque le néant est espace non délimité, donc si on les cherche on risque d'avancer sans fin... C'est en tout cas son impression. Laissons donc planer le mystère, si mystère il y a !

Le relais de Brocéliande, Paimpont

Un petit bar typique anciennement repère de druides d'après Jean Markale... Et c'est un druide qui nous y emmène pour goûter les bonnes bières et cidres bretons !

La crêperie du porche, Paimpont

Enfin toute l'équipe épuisée énergétiquement va à la crêperie, pour un repas vraiment délicieux, bien mérité, et nécessaire vu ce qui nous attendait...

Fontaine de Barenton

Fontaine de Barenton Le soir, sous la lune croissante à son début, promenade en forêt pour trouver la fontaine de Barenton. Nous arrivons en voiture au lieu de départ de notre parcours. Quelle ambiance étrange, se promener dans la forêt la nuit, c'est merveilleux, la nature paraît totalement différente. Nous devons faire attention à ne pas nous accrocher les pieds dans des cailloux ou des racines, car nous n'avons pas allumé nos torches, mais l'atmosphère n'en est que plus mystérieuse et feutrée... Nous marchons en silence, il fait presque nuit et il fait très froid mais rapidement la marche énergique de nos guides (notre ami druide et son épouse, une druidesse elle aussi) nous réchauffe. Les touristes s'y perdent, nous avons la chance d'être guidés et en dépit des sentiers tortueux à travers les résineux et feuillus, la fontaine de Barenton se présente à nous dans toute sa quiétude du soir. Nous avons franchi entre temps une des portes de la forêt matérialisée par une grande branche d'un arbre qui forme une voûte au dessus du chemin. N'oubliez avant de rentrer plus avant dans la forêt ou sur un site de toujours demander l'autorisation de venir sur les lieux... C'est à la fois une marque de respect et une prise de conscience de vos responsabilités.

L'eau de la fontaine est toujours aux mêmes température et niveau tout au long de l'année. C'est le cœur de la forêt, le haut lieu par excellence de Brocéliande, une clairière sacrée depuis la plus lointaine préhistoire. Ce fut un nemeton au sens gaulois du terme, un temple en plein air, et contrairement à ce qui s'est passé partout, en Bretagne et ailleurs, la fontaine n'a jamais été christianisée : elle est demeurée païenne.

Son ancien nom était Belenton, contraction de Bel Nemeton, la « clairière sacrée de Bel », Bel étant la forme abrégée de Belenos, « Brillant ». C'est l'un des épithètes de l'Apollon Gaulois, qui n'est pas le Dieu solaire de l'époque grecque classique mais un Dieu guérisseur. Ce n'est peut-être pas un hasard si l'eau passe pour guérir les maladies mentales et nerveuses et rendre sages les gens bien portants, c'est à dire leur donner une dimension spirituelle qu'ils n'avaient pas jusqu'alors. C'est le rôle du nemeton, lieu privilégié où s'accomplissent les échanges les plus subtils entre monde visible et monde invisible, où se rencontrent idéalement et matériellement les courants telluriques issus du fond de la terre et les courants d'énergie cosmique.

Le perron (qui n'est pas une dalle de dolmen) est un véritable condensateur des énergies. Une légende y est attachée, qui est même mentionnée dans les premières archives des seigneurs de Brocéliande : si on verse de l'eau de la fontaine sur cette pierre, un orage terrible se déclenche. Mythe ou réalité, la légende reste entière et qui vient à la fontaine tente souvent l'expérience...

Petit peuple Le soir on peut fixer l'eau de la Fontaine et attendre ses petites bulles (qui seraient plus nombreuses en temps orageux), faire un vœu et voir si une bulle va vous promettre sa réalisation, attendre que tout soit noir dans le fond et recevoir le message de la fontaine pour nous, ou s'asseoir près du perron et regarder les arbres en direction de l'eau qui coule pour là encore recevoir la leçon que ce lieu enchanteur veut nous donner. Ici tout est magie, tout est imaginaire, image de l'esprit et de la nature en harmonie, peut être n'y croit-on pas et pourtant des lutins et des fées pourront accepter de partager leurs fêtes avec vous, s'ils vous font confiance... Les druides nous disent de regarder, ici le petit peuple nous observe. Visages, ailes et petites lumières scintillent au sol et devant nos yeux, vont et viennent un peu partout... Nous repartons, sans oublier de remercier la fontaine, les arbres et le petit peuple.

Le hêtre de Pontus

FeuillesAprès la fontaine nous nous sommes « perdus » dans le dédale des chemins de forêt, nos guides savaient très bien où nous allions et nous n'avions qu'à profiter des bruits, du comité d'accueil de fougères, des arbres, du ciel étoilé et de la voie lactée  !

On raconte que le hêtre est en fait le seigneur Ponthus, fondateur de Penpont (Paimpont), premier grand seigneur de la forêt de Brécilien. Lorsqu'on évoque le seigneur de Ponthus, on se doit aussi d'y associer son château qui aurait été édifié en Haute forêt, avant d'être détruit par du Guesclin en 1372. Quelques pierres toujours visibles en Haute forêt seraient les derniers vestiges de cet édifice. Mais sur place, on découvre surtout le majestueux Hêtre de Ponthus, authentique seigneur de Brocéliande, qui offre sous ses ombrages l'un des trésors les plus intimes de la forêt.

Une fois en face de l'arbre, on ne peut qu'être saisi par sa majesté et sa bienveillance. Toujours en demandant la permission avec respect, chacun, là encore, a eu droit à son petit message personnel, mais quel qu'il soit la sagesse de l'arbre nous a, à tous, paru évidente. Gardez vos sens en alerte, une chouette qui hulule, un aboiement au loin, une branche qui craque, tout est message !

Quand tout le monde a fini, nous repartons dans la forêt pour rejoindre nos voitures. Mais nous nous souviendrons à jamais de cette magnifique marche au plein cœur des secrets et des merveilles de la forêt la nuit.

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Dimanche matin

Hostié de Viviane

Hostié de Viviane Un peu fatigués et encore dans les bras des énergies de la nuit, nous avons néanmoins continué la visite. Direction l'Hostié de Viviane (appelé aussi le Tombeau des Druides) en passant une fois encore sur les écailles du dos du dragon qui nous indiquent l'Ouest et l'Est.

Vous avez deux possibilités pour l'atteindre. Soit en quittant la Porte de l'Eau, pierre plate servant d'entrée au premier Lac du Val sans Retour et prenant la Vallée des Portes, soit en passant par Beauvais et en marchant un bon kilomètre pour atteindre le Dos du Dragon, puis l'Hostié.

Hostié de VivianeLa couverture de cette « tombe » néolithique a disparu, ce devait être un tumulus. Il apparaît sous la forme d'un dôme (cairn) de 12m de diamètre au centre duquel est enchâssé un coffre (chambre mortuaire) formé de plaques de schiste, pierre commune dans le secteur. Regardez bien ces pierres, vous y verrez peut-être toutes sortes de formes, évoquant des animaux par exemple... Le lieu en général nous enchante par son ambiance. Si vous êtes seul, fermez les yeux et ressentez la plénitude du lieu, une fraîcheur harmonieuse s'y ressent.

Des fouilles réalisées en 1982 ont révélé la présence de haches de pierre polie de diverses natures, meules à grain, vestiges de poteries, d'ornements : tout un inventaire assurant le confort d'un infini voyage. Ce matériel daté d'environ 2500 ans avant JC est un précieux témoin d'échanges commerciaux en cette fin de néolithique. Nous avons tendance à considérer que le voyage ne peut être que la mort et pourtant il est bien possible que comme certains dolmens le lieu soit un tombe initiatique, où les futurs initiés venaient passer l'épreuve de la Terre après être sorti du Lac par la Porte de l'Eau.

D'après la légende, c'est en ces lieux que Merlin aurait livré ses secrets à Viviane, avant que celle-ci ne trace les cercles magiques et ne l'enferme dans une prison sans chaînes ni murailles. Il paraît que par les nuits de grand vent, les plaintes de Merlin s'entendent dans tout le Val sans retour (que le tombeau surplombe). Oui mais alors, et le tombeau de Merlin ?

Enfin, continuant en ligne droite plein sud, se trouve le Tombeau du Géant, qui n'était autre qu'une splendide Porte de Vie, appareil de deux menhirs, peu espacés l'un de l'autre et flanqués de deux autres menhirs , résonateurs des deux premiers. Il y a mille ans, ils ont été abattus par ordre d'un curé, probablement jaloux de la notoriété du site ! Il s'appelait alors le Tombeau de la Vieille. C'était donc le lieu tenu par une Druidesse, probablement celle qui faisait passer l'épreuve de l'Air au candidat druide. Nous n'y sommes pas allés par manque de temps... Autrefois, nous aurions pu continuer notre route plein sud encore et arriver en face d'un dolmen qui n'était autre que la Porte du Feu, dernière étape de l'initiation. Hélas, il est, depuis le décret de De Gaulle, en territoire militaire et sert de cible aux différentes manœuvres. Il faut noter que ce camp de Coëtquidan est installé depuis 1879 sur les lieux mêmes de ce qui fut l'école de formation des Chevaliers et surtout ceux de la Table Ronde ! C'est un authentique lieu traditionnel !

La couronne d'Arthur

Couronne d'Arthur

En continuant à travers les fougères et les genêts, nous sommes arrivés vers un point de vue rocheux qui surplombe les environs, avec une vue superbe et calme, parfaite pour les rituels au lever du soleil. A l'écart des sentiers battus, absent des guides touristiques, nos guides le surnomment la « couronne d'Arthur ».

Une petite vidéo est disponible en téléchargement ici (3,13Mo).

 

Le Val sans retour ou Val des faux amants, Val périlleux...

Val sans retour

Val sans retourAvant de descendre dans le Val nous sommes passés par le rocher des faux amants, où Lancelot et Guenièvre se seraient aimés, à moins que ce ne soit Tristan et Iseult... Là, s'offre à tous une superbe vue sur les deux étangs du Val enserrés entre des pans de schiste rouge.

 

Val sans retour Val sans retour L'un d'eux, le « miroir aux fées » est un hommage aux fées de Brocéliande mais aussi le miroir de la clairvoyance et du « voyage ». En y plongeant son âme qu'y voit-on ? Une autre dame qui veille sur ce lieu magique ? On voit de la bruyère et des genêts partout. La beauté du paysage enchante les promeneurs, mais écoutent-ils la grande mère qui vibre sous nos pieds ? En descendant par le chemin tortueux le long du Rauco aux eaux teintées de rouge, on approche de la forêt secrète et humide de Morgane, et on comprend mieux pourquoi le val s'appelle ainsi. La couleur de l'eau, mais aussi de la terre par endroits, est due à la présence de fer, et on comprend pourquoi il est lié à la renaissance et à la fertilité. Dans ce repère légendaire on se sent en territoire magique mais aussi féminin. Tout est si symbolique dans cette forêt ! Morgane représente un archétype très lié à Modron la Déesse des celtes, mère du jeune Mabon, Déesse des commencements que l'on appelle selon les pays, Cybèle, Artémis ou Déméter. Elle est aussi liée à la Morrigan (grande reine), la déesse aux trois visages des fameux Tuatha De Danann irlandais, qui a le pouvoir de se changer en Corneille comme la Morgane des romans arthuriens tardifs. Le Val sans retour est très difficile à décrire. Toute son atmosphère est dans sa nature.

 
Val sans retour

Proche du miroir aux fées se trouve l'arbre d'or qui, s'il nous a fait frémir, ne l'a pas fait par sa majesté ou sa force, mais par cette impression d'anachronisme et d'inutilité qui s'en dégage... Encore une fois, une preuve de l'homme qui veut laisser son empreinte sur la nature, mais sans la respecter et être en harmonie avec elle.

 

Dimanche après-midi

Le château de Comper

Comper A Comper, dans la vallée qui s'étend devant le vieux château fort, Merlin bâtit pour Viviane un palais de cristal. Afin qu'elle n'y soit pas dérangée par les regards humains, il lui donna l'apparence d'un lac. Le Château de Comper abrite aujourd'hui le Centre de l'Imaginaire Arthurien, spécialisé dans la littérature, les beaux arts et le spectacle appliqués à tous les thèmes liés à Brocéliande. Il possède une magnifique collection d'images et de tableaux sur le thème arthurien.

Venant la veille de la fête de la musique nous avons eu droit à une visite accompagnée de musique baroque et celtique. Nous avons pu entendre la belle histoire de Merlin et Viviane contée magnifiquement par une damoiselle. Les filles du groupe étaient assez tentées par les belles robes que portaient les guides, ainsi que par celles des mannequins derrière les vitrines. Que n'aurions nous pas fait pour les avoir...

Étang

Nous devions voir un documentaire de John Boorman mais cela n'a pas été possible, si vous vous y rendez n'hésitez pas à le demander à l'accueil, on nous l'a chaudement recommandé.

La nature environnante est superbe, l'étang est propice à toutes les rêveries ;o)... Nous n'avons pas vu le château de Viviane cette fois-ci, mais nous ne désespérons pas qu'un jour, ce soit le cas.

 

Église de Tréhorenteuc

Église de Tréhorenteuc

Malheureusement fermée les deux fois où nous avons voulus y aller... C'est un symbole de la recherche spirituelle de l'abbé Gillard. Cet homme, qui avait une ouverture d'esprit étonnante, croyait en l'existence d'une spiritualité universelle s'exprimant par des symboles. Il s'est donc intéressé à la tradition celtique et aux légendes de la Table Ronde en les mettant en parallèle avec le christianisme, ce qui lui a valu d'ailleurs d'être accusé d'hérésie !

La porte est en dedans

L'église comporte la mention écrite à la main : « La porte est en dedans ».

Il paraît que les vitraux notamment sont très beaux.

C'est là que se rend le pèlerin qui a trouvé son Graal pour terminer son parcours initiatique à Brocéliande.

Dimanche soir

Champignon Nous mangeons au camping, certains sont déjà partis, mais pour la plupart nous restons jusqu'au lendemain et nous allons faire un rituel en l'honneur de la mort de Baldr, dieu germanique. C'est Yves qui préside la cérémonie, assisté d'Eric, et nous nous retrouvons debout en cercle. Yves nous raconte une partie du drame sacré de la mort de Baldr, intitulée le rêve de Baldr, c'est très émouvant. Il remplit ensuite une corne d'alcool dont nous buvons une gorgée, puis versons un peu de son contenu sur le sol en rendant hommage à Baldr, à voix haute ou non. Eric, en tant qu'assistant, est celui qui finit la corne. Enfin, Yves chantonne un hymne à l'honneur de Baldr, et quand nous sentons le moment venu pour nous de nous joindre à lui, nous commençons à l'accompagner, plus ou moins fort. Une chouette se joint à nous tout au long de la cérémonie ! Un véritable égrégore se forme, liant toutes les personnes présentes, et nous ressentons une grande symbiose dans le groupe.

Encore une nuit très fraîche dans les tentes et tant de choses dans les esprits... Le lendemain, le réveil est un peu triste car il faut partir et laisser la forêt ainsi que les amis rencontrés. Mais d'autres rencontres sont prévues heureusement !

 

Géraldine, Sylvia, Morgane et Claire

Photo de groupe
Les membres de LAPF à Brocéliande